La place des femmes dans les Renc’arts

Le festival des Renc’arts est le rendez-vous à ne pas manquer pour tous les « hip-hoppeurs » et « hip-hoppeuses » de Brest. Depuis son émergence dans notre paysage français, le mouvement artistique qu’est le hip hop a su s’ouvrir aux filles : on les retrouve dans le rap, la danse, le graffiti, le djing.
La mixité du mouvement et l’intégration des femmes

Les nombreuses manifestions proposées par les Renc’arts ont été pour nous l’occasion de rencontrer de nombreux artistes, hommes et femmes.

« En général, je trouve que le mouvement hip-hop est mixte » nous déclare Maud, graffeuse brestoise de 31 ans. En plein travail, elle explique néanmoins qu’il y a moins de femmes dans le graff. « La plupart du temps aussi, nous dessinons sur des murs interdits, il faut donc le faire en pleine nuit. En soirée, c’est plus risqué pour une nana de sortir seule ». L’intégration des femmes dans le mouvement hip hop en tant qu’artiste est sensible à l’histoire de la société elle-même. En effet, Maud nous déclare que « depuis les années 80, on assiste à une forte évolution. Quant à la place de la femme, elle est meilleure ». Contrairement à ce que l’on pourrait croire, toujours selon Maud, « le caractère sexiste n’existe pas, aucune différence n’est faite entre les femmes et les hommes ».

Julien Garnier
Julien Garnier

Julien Garnier, jeune danseur de 25 ans, rencontré au Café des Renc’arts à la maison de quartier de Lambézellec, il rejoint l’idée de Maud. « Le mouvement hip hop est de plus en plus mixte ». Mais il tient à souligner qu’il y a tout de même « plus d’intervenants masculins ». Cela confirme ce que l’on pu voir justement au Café des Renc’arts : l’ensemble des intervenants étaient des hommes. « Pourtant, 70% des personnes qui assistent à mes cours sont des femmes » souligne Julien. Autre fait que l’on remarque dans les ateliers de danse à Lambé : y a plus de jeunes filles ! C’est une remarque reprise aussi par Shayne, jeune danseur de 25 ans du groupe de hip hop morlaisien Klan D’Est 1. Il trouve aussi qu’il y a plus d’élèves filles « mais qu’elles ne sont pas beaucoup à aller jusqu’à la compétition malheureusement ».

Julien Colliou, lui aussi danseur, confirme que « les garçons vont moins aller s’inscrire aux cours ». Néanmoins, il met en exergue une certaine différence selon les genres. « Le mouvement est plutôt mixte, mais certains styles s’adaptent mieux pour les filles et d’autres pour les garçons. Par exemple, le break dance pour les gars et le voguing waacking pour les filles ». Contrairement aux autres intervenants que l’on a pu rencontrer, Julien nous parle un peu de discrimination : « En break, j’ai déjà senti ce sentiment entre les danseurs ».

Un atelier de capoeira était aussi proposé au Café des Renc’arts, on a donc pu rencontrer Valentin, danseur. « Contrairement à ce que l’on pourrait croire, il a y a plus de filles que de garçons. Peu importe le sexe, pouvoir pratiquer ce sport dépend de la force physique de la personne. Si l’on est souple ou pas, sportif ou pas etc. »

Nawel et Lea représentent l’As phère. De Morlaix et de Rennes, pour elles, le mouvement hip hop n’est pas mixte mais il y a de plus en plus de filles. Tout va dépendre des mouvements. En ce qui concerne Nawel, elle est la seule en break dans les entraînements.

Shayne
Shayne
 La discipline la plus fréquentée par les femmes

Tant il est vrai que nous retrouvons moins de femmes dans le break dance, elles sont néanmoins très présentes dans la danse debout.

Selon Julien Colliou, «  il y a plus de filles dans la danse debout car elles sont plus petites ».Nawel et Lea le confirment.

Julien Garnier reprend son idée et ajoute qu’elles ont plus de facilité dans la danse que les hommes. Leur centre de gravité est plus bas, ce qui rend les acrobaties plus difficiles. Pour lui, à la fois professeur de danse, nous retrouvons beaucoup de femmes dans le house dance, qui est une discipline émergente.

Shayne confirme ses remarques, : «il y a plus de filles qui dansent le debout à Brest, que d’hommes. Peu d’entre elles vont jusqu’à la compétition. Cela dépend si le hip-hop est développé dans la ville. »

Quant aux rapports entre les hommes et les femmes, selon Nawel et Léa, c’est en lien direct avec les personnalités. Il faut savoir s’imposer, se faire respecter. Les filles n’ont pas les mêmes capacités physiques donc elles travaillent plus et différemment. C’est plus dur sur le plan technique et mental pour les filles. Mais on peut tout tout de même voir une évolution « car on peut s’imposer avec eux. Pour preuve aujourd’hui, je fais une équipe avec des gars ».

 Les françaises face aux étrangères
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En effet, nous pouvons nous demander comment les femmes Françaises sont intégrées en générale dans le mouvement hip-hop au niveau national et mondial.

Comme nous l’a souligné Shayne, nous retrouvons plus de femmes ou non, si le hip-hop est assez développé dans la ville. Pour lui, à Rennes il n’existe pas beaucoup de femmes exerçant le hip-hop contrairement à la ville de Brest. Il ajoute qu’en France, il n’y a pas beaucoup de danseuses, mais il y en a beaucoup plus dans d’autres pays.

Brest a la chance de pouvoir rencontrer les danseurs de la compagnie X-trem fusion, compagnie camerounaise. Nous avons ainsi rencontré Mario et Aurélien. Pour eux, le mouvement hip hop est mixte, de l’organisation à la danse, en passant par l’administration. Dans la danse en général, il y a beaucoup de femmes et aucun rapport de compétition entre les sexes. Chacun essaye de trouver se place et c’est de bonne guerre. Il y a aussi des groupes uniquement féminin.
Il y a beaucoup de clichés sur la danse même. Ceux qui font de la danse sont considérés comme des voyous, qui ont loupé leur vie. Pour les femmes, c’est encore plus dur. Mais il y a une évolution car il y a beaucoup plus femmes et beaucoup plus tôt. Elles osent plus.

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